jeudi 23 août 2007

Consider I'm trying

Ceux qui lisent mon blog depuis un petit bout de temps auront probablement remarqué mon insistance à dire que deux mille sept, c'est chouette. Et Jean approuve régulièrement en commentaire, puisqu'il est l'heureux papa de cette maxime aussi amusante qu'optimiste, écrite de son écriture princière au dos de sa carte de bonne année. Comme je lui fais habituellement confiance sur les questions d'astrophysique, je me suis dit que je pouvais bien lui faire confiance pour l'astrologie aussi (surtout depuis que j'ai été très déçu par Marie Bériau, qui fait les horoscopes de Télé Z). Dès lors, j'ai considéré le fait comme acquis, et adopté la sentence comme une prédiction de Nostradamus. 2007, c'est chouette. Mais bon, depuis, des amis astrologues d'une amie lui ont dit que deux mille sept, c'était pas si simple que ça, et pas forcément super chouette, avec des éléments très positifs dont on aurait beaucoup de mal à cerner les retombées, et des vieilles situations glauque qui allaient tirer en longueur et dont on ne saurait pas trop quoi penser sur le coup. Alors, moi, je sais, c'est peut-être des bruits de chiottes tout ça, mais je sais plus trop quoi penser. Et en août, en cette période estivale où semble-t-il, les médias nous ont obstinément refusé une canicule (à tord ou à raison, peu importe, voilà qu'on nous retire ce qui était devenu une coutume nationale), j'ai eu parfois tellement chaud parfois que je me suis demandé si je ne somatisais pas une canicule, pour le principe.


Aujourd'hui, donc, mi-2007, j'ai tout pour être fier de moi, mais je nage dans une espèce de marée déconcertante de pensées, arrivant avec peine à rétablir un équilibre voire même à l'établir tout court. Tout me paraît beaucoup plus compliqué que je le voudrais. Car tout se résume finalement à une somme de rapports de forces, qui mal mesurés se révèlent aussi angoissants qu'insolubles. La physique et la philosophie se coordonnent encore bien mal dans ma tête, malgré les cours particuliers. En découle cette impression que mon corps et mon esprit sont en mouvement sans que je contrôle vraiment la situation. Voilà deux années que j'ai résolu mes besoins de fuites : plus de fuite spatiales, pas plus que de fuites relationnelles, ni urinaires, ça viendra probablement avec le temps et la vieillesse. La solution a été de me fixer des objectifs précis, d'abord simple et facilement accessibles puis de plus en plus complexes et difficile à atteindre, jusqu'à me bloquer de toute part dans des situations labyrinthiques et intellectuellement assez stimulantes pour que je ne puisse les quitter qu'en résolvant l'énigme qu'elles comportent. Oui, mais le problème c'est que je complique les choses à loisir, et faudrait que je me calme un peu. Il fait merveilleusement bon - même en cette absence de canicule - et ma seule préoccupation devrait être de courir à la rivière, pour faire une promenade vespérale avec ma douce Ania, tandis que résonnerait au loin, decrescendo, la voix de sa soeur Varia, cette grosse conne qui refuse obstinément que l'on se voit.


Je pense à mon avenir et réfléchis aux solutions envisageables.

  • Créer un village auto-géré en Haute Loire, en Ardèche ou dans le Larzac, retaper des vieux meubles, cultiver des citrouilles et des courgettes, avoir des poules et des chèvres, organiser des petits concerts de temps en temps.

  • Aller en Haute Mongolie avec le frère de Sven, pour une mission photo. Gravir des montagnes en petit groupe avec des Yacks de 750 kg qui porteraient les bagages et nos couvertures.

  • Partir en tournée avec Sigur Ros. Je leur ferai plein de câlins. La bande originale de ma vie serait un immense morceau de post-rock au milieu des terres islandaises. Je dormirai dans de grands lits avec de gros coussins multicolores et d'immenses couettes en plumes de cachalots.


A force d'à force, je finis par y arriver. Je ne m'abrutis pas, j'évolue. Ce dernier mois a été riche en rencontres, en conseils, en petits morceaux de phrases glanés à droite à gauche. Apprivoiser la légèreté, modifier ma conception de certaines choses. Peu à peu je m'incarne, mais je suis le personnage le plus difficile qu'il m'ait été donné d'habiter.

2 commentaires:

À 23 août 2007 15:50 , Anonymous Sophie a dit...

Plumes de cachalots ??? Ca fait bien longtemps que je ne lis plus mon horoscope, tout d'abord parce que je n'achète pas Télé Z et parce que je n'achète tout simplement pas de programme TV ; ce sont deux bonnes raisons qui d'ailleurs se rassemblent.
J'envisage aussi... je rêve également beaucoup... Montréal un jour, définitivement... Ptit clin d'oeil pour Fred...

 
À 7 octobre 2007 22:42 , Anonymous Anonyme a dit...

mdr pour la grosse conne de Varia et Télé Z

Bisous à vous

Ania

 

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dimanche 5 août 2007

Julien

Les lendemains sont durs. Les deux premiers jours, j'ai bloqué des heures sur le plafond. Ce week-end, j'ai essayé de me montrer plus actif, mais je reste terriblement bulleux. Les journées passent très vite. Mais impossible de me concentrer, de tenir une conversation, de lire un bouquin, même de regarder un film. Je reste sur la terrasse à boire des cafés, les yeux dans le vague. Les petits voisins jouent dans la piscine, je les entends crier et s'éclabousser. Moi aussi, j'irais bien patauger. Je ne fume pas mais j'en meurs d'envie.


Je t'ai écrit une lettre. Ou plutôt, je me suis écrit un texte, sans but. Un peu parce qu'une fois au pied du mur, je ne vois plus d'autre alternative. Voilà, c'est la lettre du désespoir de cause. Tu ne la liras pas, et je ne me suis pas vraiment senti mieux en l'ayant écrite. Elle est mal ficelée, hormis toi et moi, je crois que personne y comprendrait grand chose. D'ailleurs, j'ai remarqué que je prenais le même ton que j'ai toujours pris en te parlant. Amusant. Un peu gamin, un peu moqueur. Je crois que je te faisais rire.


Je sais que c'est impossible de savoir où l'on a merdé, puis tout était complètement vicié à la base. C'est impossible de revenir en arrière, et quand bien même. Toutes ces questions que je me suis posées depuis que je te connais, je crois que je vais avoir le loisir de me les poser et reposer indéfiniment. Ce n'est pas la seule chose que tu me laisses, rassure toi. Je ne me plains pas. Et je suis conscient que la donne était trop complexe. Même après des jours de réflexion, je ne sais toujours pas quoi en penser. C'est terriblement triste. Je suis terriblement triste. Ouais, tu sais. J'ai l'impression qu'il me manque un bout de bide.


Au téléphone, quand ta colocataire m'a annoncé que tu nous avais quitté, elle a rajouté que tu m'aimais beaucoup, semblant presque s'excuser de m'annoncer une aussi mauvaise nouvelle. Je me rappelle la première fois où je l'ai rencontrée. Ce jour là, elle m'avait dit que si je te faisais du mal, j'aurai affaire à elle. Quelle ironie.


Julien, il fait merveilleusement beau. Mourir, je veux bien, mais en plein été, quelle idée ! C'est pas un temps pour ces choses là.


C'est comme ce truc, de te tuer le jour de ta fête.
De notre fête, d'ailleurs.


Julien, je suis tellement désolé.

Tu disais que tu faisais pas le poids.

Mais moi je sais qu'il y a un petit bout de la Victoire qui est à toi.



7 commentaires:

À 6 août 2007 08:30 , Anonymous Sophie a dit...

Oh que de tristesse aujourd'hui ! Je me rends compte une fois encore que nous sommes toutes et tous à nous poser des tas de questions à certains moments, des moments plus ou moins longs, des moments plus ou moins rares, et je m'aperçois que ces questions sont malheureusement sans réponses, et pourant je ne finis pas de me les poser.Tiens il pleut de plus en plus, ça aussi c'est triste, mais si je n'étais pas toute seule dans le bureau ce matin peut être que ce foutu temps ne me laisserait pas un goût amer. Bisous.

 
À 6 août 2007 10:00 , Anonymous Coline a dit...

? très cher, où êtes vous que je vous prenne dans mes bras ? que se passe t il ? oh mon thierry, svp, lancez moi un signe, un bout de saucisson, je le rattraperai.

j'attends, je suis là.

 
À 6 août 2007 10:01 , Anonymous Cléo a dit...

on ne comprend jamais totalement.
on ne cesse jamais totalement de se poser des questions.
on ne cesse jamais de souffrir.

mais quelques années après, tout est atténué ; comme ces frayeurs d'enfant qui nous reviennent parfois et qu'on observe avec étonnement, sans réussir à les déterminer.

Je ne sais si je dois te souhaiter de garder encore lontemps cette souffrance.
J'avais choisi l'oubli, je n'en vis pas mieux.

Courage

 
À 6 août 2007 11:28 , Anonymous Sophie a dit...

Oublier ! mais il y a un moment ou notre mémoire nous rappelle qu'elle fonctionne toujours...

 
À 9 août 2007 14:52 , Anonymous fuck a duck a dit...

Je ne comprends pas... En fait, j'ai plutôt peur de trop bien comprendre mais de ne pas avoir toutes les clés en main.

 
À 9 août 2007 17:24 , Anonymous etasseureuh a dit...

je sais jamais dire le truc qu'il faut ..même quand c'est moi qui perd qq'un...
si tu veux j'te dessine un elephant qui rigole

 
À 10 août 2007 11:11 , Anonymous Sophie a dit...

Je souhaite juste du soleil et de la chaleur, pour qu'ainsi on se sente un peu mieux

 

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