Au dessus des toits.
Accoudé à ma fenêtre, je regarde les nuages défiler. L'après midi touche à sa fin, et le ciel semble si bas, que de mon petit studio mansardé, j'ai l'impression d'être au milieu d'une gigantesque nappe brumeuse. Je n'ai pas vu passer le jour, je ne vois pas venir la nuit. J'ai l'impression d'être perdu au milieu d'une immensité grise. Seul en pleine mer, en haut de mon mat. Il y a quelque chose de surréaliste dans cette vision. Le vent se lève.
J'aperçois à peine la rue, en bas. Je distingue vaguement quelques silhouettes furtives, des ouvriers sortant du travail, probablement pressés de rentrer chez eux, tenant leur petit chapeau de peur qu'il ne s'envole. La vie semble de plus en plus vaporeuse et fragile. Maintenant, le vent redouble de violence, fait tourbillonner les feuilles mortes et transporte avec lui une vague d'inquiétude presque palpable. Je suis content d'être à l'intérieur. Les nuages passent de plus en plus vite, et le ciel devient un maelström de brume tourbillonnant. Mon regard est comme aspiré par le paysage, cette scène hypnotisante, comme si la nature s'attaquait petit à petit à l'urbanité métallique, l'encerclant, la noyant, lui en arrachant des parcelles. Ce sont les antennes de télévision qui s'envolent en premier, puis ce sont des pans complets de toiture qui sont arrachés, les tuiles allant s'écraser dans les rues dans un fracas épouvantable. Puis le vent devient si fort que les éléments qui s'envolent semblent tourbillonner à leur tour et ne jamais vouloir atterrir. Le spectacle est terrifiant. Je ferme les stores. La bataille continue au dessus des toits, ça ne me concerne plus. Dans la pièce obscure, seulement éclairée par une petite lampe de chevet, je regarde Nox, assis sur le canapé, en train d'écrire. Quand il voit que je le regarde, il me fait un sourire un peu triste.











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